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Se préparer à un tournage de vidéoclip

On va se le dire, une bonne préparation est importante. Encore plus quand on travaille seul ou avec une petite équipe car la marge d’erreur est plus petite. Elle nous permet de sauver un temps fou sur le plateau. J’ai surtout travaillé avec des groupes locaux qui avaient, dans la majorité des cas, un budget très limité et des échéances courtes mais une volonté de fer de produire une pièce qu’ils seraient fiers de présenter. Pour pallier cela, il est important de bien préparer sa production et de mettre ses énergies aux bonnes places. Voici les 7 étapes de ma technique de préproduction.

 

1 : Discussion avec l’artiste

Rare sont les artistes qui m’approchent avec un scénario complet. La plupart font par contre une recherche au préalable et possèdent un concept, un visuel ou un vidéoclip qui les inspirent. La première étape est donc d’en discuter avec eux et voir ou ils en sont rendus dans leur démarche artistique. C’est aussi à ce moment qu’on détermine quelle implication j’aurais dans la scénarisation et dans les décisions. J’ai la chance de pouvoir choisir des projets ou on me laisse intégrer beaucoup de mes idées. Si ce n’est pas toujours le cas, il ne faut pas s’en faire. Chaque projet est une expérience enrichissante sur d’autres plans.

 

2 : Écouter et noter

La prochaine étape pour moi est l’écoute de la chanson. J’essaye de ne pas me projeter trop loin, seulement de découper la chanson en section et de faire la liste des moments forts. C’est aussi un bon moment pour me faire une idée du “pacing” ou de la vitesse à laquelle je vois les changements de scène se faire. Ça change beaucoup selon le style de musique bien sûr. 

 

3 : Le brainstorm

Encore une fois, comme je travaille souvent avec des petits budgets, la direction que prennent mes vidéoclips est majoritairement déterminée par un endroit disponible, un costume, un personnage ou un concept mais rarement tout ça à la fois. Je ne m’attends pas à fabriquer un hangar d’avions, y stationner un appareil militaire et y faire exploser 2 camions avec un budget de 500$  .Quand un membre du groupe ou moi avons une ouverture ou un contact sur un de ses aspects, le brainstorming va tourner autour de de ça. Une fois l’idée qui fait l’unanimité trouvée, on y reviendra probablement pas, on fera tout notre possible pour bâtir autour et y faire fonctionner le budget. Il est donc essentiel de se mettre d’accord sur le concept.

 

Tournage avec Death Note Silence dans une grange prêtée par un ami du groupe.

 

4 : Le lieu du tournage

Une fois la ligne directrice trouvée, il est temps de penser ou de confirmer où on va filmer le projet. Encore une fois, comme on travaille avec un budget limité, on ne fera pas de “scouting” sur les lieux potentiels pendants des jours. Qui consisterait à aller visiter les lieux potentiels, d’en prendre des photos et d’y tester les différentes longueurs focales de lentilles. J’essaye donc que tous les gens impliqués dans le projet fassent appel à leurs connaissances ou contacts afin de trouver un endroit intéressant. Si on réussit à sauver quelques centaines de dollars en location de lieux, on pourra mettre ces fonds là sur la production de costumes, de décors ou encore sur la location d’équipements audio ou d’éclairage.

 

5 : Le storyboard et le script

Ensuite, il faut établir un plan de tournage et une histoire. Personnellement, je n’écris que très rarement des scripts. Je préfère le storyboard qui est une série de dessins et de commentaires qui décrivent le narratif. Un peu comme une bande dessinée, on le lit par encadrés et avec peu d’images on comprend l’essentiel de l’histoire.

 

 

Source : storyboardartists.com

6 : Créer une “shots list”

Même si j’ai déjà un storyboard pour me guider, je me fait toujours une “shots list” qui m’indique plan par plan ce qui doit être filmé et qui ne doit pas être oublié au tournage. J’y note quel genre de plan je veux, large, serré, en mouvement, etc. Au tournage, je sais qu’il y aura place à l’improvisation, car les imprévus sont toujours de la partie, par contre je ne peux pas me permettre d’arriver à la phase de montage pour réaliser que j’ai oublié de filmer une scène importante. C’est pour ça que ma “shots list” et mon storyboard conjointement sont essentiels.

 

7 : Préparatifs finaux avant le tournage

Ma dernière étape de préparation consiste à m’assurer que l’endroit où je vais tourner est disponible et préparer mon matériel. Je m’assure que tout mon équipement est en ordre et fonctionne correctement. Je planifie des batteries en abondance et les chargeurs qui vont avec. Je vérifie que les pieds, lumières, gels, machines à fumés et tout autres accessoires sont en bon état. Finalement, la journée avant le tournage, j’assemble mon “rig” de caméra, formate les cartes et disques durs et je place tout mon équipement dans les étuis que je dépose sur le bord de ma porte, prêt à partir le lendemain matin.

 

 

La préproduction est un art en soi, qui évolue avec chaque projet complété. Les pires expériences que j’ai eu sur des tournages sont celles où je ne m’étais pas bien préparé. Au final, il n’y a pas de règles à une préproduction, chacun adapte sa façon de faire selon ses connaissances et ses moyens. Ce qu’il faut éviter c’est de sous-estimer une bonne préparation.

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